Friday, August 26, 2016

EN MEMOIRE DE JEAN-FRITZ LAPLANCHE



PAR DR CARL GILBERT

Samedi dernier, 20 août 2016. C’est avec une grande stupéfaction que j’ai appris l’assassinat crapuleux d’un ami, l’honorable Maitre Fritz Jean LAPLANCHE

Autant dire que cette nouvelle a frappé les membres des communautés jérémiennes et grand’anselaises comme la foudre vu que Fritz fut un être noble et digne de cette région qu’il a servie depuis son jeune âge face au dépeuplement des valeurs individuelles qu’ont connu Jérémie et ses environs au fil des années.


C’est le cas de dire que Jérémie est en train de pleurer l’un de ses enfants fauché encore une fois par la violence aveugle qui a entaché l’histoire de cette ville et de ce pays que Fritz a pourtant aimés jusqu’au bout. Un amour qu’il allait prouver à nouveau quand il projetait à deux jours de la date fatidique son départ pour Jérémie en vue de prêter sa participation à la célébration de la St Louis, fête patronale de la ville.

Mais ce pays qu’il portait profondément dans son cœur l’a laissé mourir comme un chien. Que dis-je ? comme un chien haïtien !

Car un chien dans des pays civilisés aurait reçu des soins intensifs immédiatement après que les balles assassines l’aurait atteint et les sociétés protectrices des animaux de ces pays n’auraient pas abandonné ce chien dans son trépas pendant plus de 4 heures d’horloge avant que le nécessaire ait été fait pour sauver sa vie. Mais Hélas ! c’est ainsi que Fritz a connu sa fin, gisant seul par terre, avant qu’un bon samaritain lui ait accordé un coup d’œil et appelé les « soins d’urgence » qui, malgré son état grave, voulaient que tout soit payé d’avance avant l’administration de tout traitement pour stopper l’hémorragie qui, goutte par goutte, consumait la vie de notre Fritz.  Pays de chiens…haïtiens!


Fritz a pourtant vécu, lui, sa vie non pas comme un chien mais en tant qu’un chevalier infatigable qui a travaillé sans répit jusqu’à la fin de ces jours.  Il voulait revoir ses amis d’autrefois et nous invitait directement ou indirectement à revenir au pays pour la grande fête des valeurs retrouvées. Il n’a pas eu cette chance ! On ne lui a pas donné cette chance !

Rude travailleur, il s’attelait à la tâche qui jamais ne lui était difficile. Souriant, affable, éducateur conscient-- comme son père-- on le voyait toujours avec un livre à la main. Et il pouvait déclamer des vers inspirants de poètes haïtiens ou étrangers comme ça, sans hésitation, pour réhausser une conversation ou bien pour prodiguer un conseil à un ami ou à un jeunot qu’il voulait aider à faire face aux problèmes de la vie.


« Plus encore que la vie, la mort nous tient par des liens subtils » a écrit Charles Baudelaire. Je suis presque certain que Fritz dans l’au-delà où maintenant il se trouve est en train de nous regarder avec son visage à jamais rayonnant, lançant vers nous ces liens d’amour et d’autres bons sentiments qu’il a tissés au cours de sa vie fauchée par un con ou des cons qui ne savent même pas qu’ils sont cons.

Mon épouse Ghislaine et moi présentons nos sincères condoléances à sa femme, ses enfants, son frère Dr Eric Jérôme, à ses soeurs Marie Carmelle, Marie Lourdes, Irnise Jerôme, aux proches et amis éprouvés par la perte cruelle de cet homme qui bien que mort restera comme un point lumineux dans le ciel de la ville de Jérémie. Paix à son âme !

Les funérailles de Jean Fritz Laplanche seront chantées le Samedi 27 août 2016 à 8 h 30 a.m au Parc du Souvenir. L’exposition se fera dès 7 h 30 a.m. La famille reçoit le vendredi 26 Août 2016 au Salon Ange Bleu de l’Entreprise Celcis, sis au # 1, rue Jose Marti, Turgeau, de 4 h à 6 h pm. L’inhumation se fera au Parc du Souvenir.

Dr Carl Gilbert