Monday, October 11, 2010

Il faut une alternative, coûte que coûte.

Par Echo d'Haiti

L'alternative c'est l'obligation de choisir entre deux situations qui s'excluent mutuellement. Pourtant, chaque fois que l'on parle d'alternative en Haïti, on voit toujours une autre formule qui soit à même de remplacer celle qui existe tout en ménageant la logique qui perpétue le statu quo et l'on retourne en fait au même point de départ. C'est du moins cette façon de pensée que nous déduisons des réflexions de nos politiciens, disons la grande majorité qui confond l'alternance avec l'alternative. D'ailleurs, ils ne parlent d'alternative que lorsqu'ils sont hors jeux, lorsqu'ils ne font pas partie du scénario.

Alors que pour le pays réel et nous qui souhaitons voir de notre vivant Haïti monter sur les rails de la modernité; redevenir un Etat de droit où justice sociale et sécurité publique vont main dans la main, où souveraineté nationale et autosuffisance alimentaire deviennent préoccupations pour ceux qui nous dirigent, l'alternative c'est bien toute autre chose. Ce n'est pas remplacer Jacques par Joseph, Jacob par Anatole par le biais d'élections truquées, pardon de sélections très couteuses, c'est tout simplement changer de manière de penser, d'agir et de diriger.

Il faut en fin de compte que nous parvenions à l'alternative; pas cette opération chirurgicale à visions cosmétiques ni ce maquillage trompe l'œil qui nous fait faire un tour pour nous remettre à la même place, il nous faut parvenir à la solution impossible qui nous porterait à divorcer d'avec le système d'exploitation de tout un peuple par un petit groupe, à penser modernisation, vivre ensemble, à restructurer et refonder l'Etat pour qu'il puisse bien jouer son rôle régulateur et distributeur de services sociaux.

Le problème que l'on doit d'abord identifier est ceci: Haïti depuis l'Indépendance, a fait l'expérience de toutes les formes de pouvoirs, allant de la Monarchie, au pouvoir Républicain, en passant par la scission du pays en trois régions, sans oublier les coups d'Etat militaires, la présidence à vie, l'occupation étrangère, alors que les conditions de vie des haïtiens n'ont jamais changé, qui pis est on a assisté à l'extinction et à la disparition de la classe moyenne, moteur de changement dans tout pays. Il nous faut l'alternative à cette vielle formule désuète et épuisée que nous n'avons jamais cessé d'utiliser et qui n'a jamais donné de résultats satisfaisants sinon les mêmes à savoir: enrichissement illicite d'un petit groupe, institutionnalisation de la criminalité et de la corruption, exode de compétence, destruction de l'environnement, exploitation sous toutes formes de la jeunesse, désespoir et désolation pour tout un peuple.

Il n'existe à l'heure actuelle qu'une seule porte salut, une chance unique pour les forces vives du pays. Si elles veulent enfin casser ce cycle, poser les vrais problèmes et mettre le pays sur les rails, cette planche de salut que l'hécatombe du 12 janvier 20010 leur a proposée, c'est la concertation. Elles doivent enfin se parler, se concerter en vue de débattre des problèmes du pays, s'il leur reste encore la volonté de penser pays ou s'ils sont vraiment animés du désir de sauver le patrimoine nationale en péril.

Nous avons bien avant le 12 janvier pris une position claire en faveur de cette alternative mais cet événement douloureux qui a emporté plus de trois cents mille âmes est venu nous enfoncer dans l'idée que cette alternative est indispensable et qu'il y a qu'une chance unique à l'heure actuelle pour l'installer.

Nous condamnons très vivement la sélection qui va avoir lieu le 28 novembre 2010 puisque si elle a lieu, elle va remettre le statu quo sur les rails pour cinq ou dix ans et les vielles structures et habitudes vont se remettre en marche. Il faut avoir le courage de constater que tous les candidats qui sont en lice à l'heure actuelle, n'ont aucun programme et donc ne peut rien apporter en termes de changements réels. Dans la situation que se trouve Haïti, il nous faudrait un plan global que les forces vives auraient élaboré, un plan s'échelonnant sur une période de trente à quarante ans, que tous ceux-là qui se porteraient candidats s'engageraient à suivre et à respecter et chacun en particulier, s'il devient Président. On ne peut plus se permettre le luxe de gaspiller notre temps, les ressources du pays et continuer à hypothéquer l'avenir de nos concitoyens juste pour satisfaire à l'idée de mettre en poste un Président même s'il est sans programme et attendre que son mandat s'achève pour répéter la même bêtise. Les forces vives ont l'urgente responsabilité de stopper la machine afin de se donner le temps de remettre les pendules à l'heure.

Elles doivent (Les Forces vives d'Haïti) si elles veulent; prendre en mains leurs responsabilités en tant qu'élites; s'impliquer dans la reconstruction du pays, leur pays; que les déshérités du système et les sinistrés du 12 janvier 2010 puissent bénéficier de la justice sociale et de la protection de l'Etat; voir Haïti se redresser et redevenir un Etat souverain, une responsabilité qui reposent sur leurs épaules; que les haïtiens puissent bénéficier comme tout autre peuple d'une éducation standard et d'une couverture de santé même minimale; et si elles ne supportent pas que des étrangères foulent aux pieds nos droits et nous humilient chez nous, petits fils de Dessalines, de Christophe et de Pétion; si enfin elles veulent sauver la face pour avoir été trop longtemps silencieuses et complices, elles doivent stopper la machine pour se donner le temps de proposer l'alternative.

Il n'y pas d'autre choix, c'est l'unique alternative.

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Echo D’Haïti.