Friday, August 26, 2016

EN MEMOIRE DE JEAN-FRITZ LAPLANCHE



PAR DR CARL GILBERT

Samedi dernier, 20 août 2016. C’est avec une grande stupéfaction que j’ai appris l’assassinat crapuleux d’un ami, l’honorable Maitre Fritz Jean LAPLANCHE

Autant dire que cette nouvelle a frappé les membres des communautés jérémiennes et grand’anselaises comme la foudre vu que Fritz fut un être noble et digne de cette région qu’il a servie depuis son jeune âge face au dépeuplement des valeurs individuelles qu’ont connu Jérémie et ses environs au fil des années.


C’est le cas de dire que Jérémie est en train de pleurer l’un de ses enfants fauché encore une fois par la violence aveugle qui a entaché l’histoire de cette ville et de ce pays que Fritz a pourtant aimés jusqu’au bout. Un amour qu’il allait prouver à nouveau quand il projetait à deux jours de la date fatidique son départ pour Jérémie en vue de prêter sa participation à la célébration de la St Louis, fête patronale de la ville.

Mais ce pays qu’il portait profondément dans son cœur l’a laissé mourir comme un chien. Que dis-je ? comme un chien haïtien !

Car un chien dans des pays civilisés aurait reçu des soins intensifs immédiatement après que les balles assassines l’aurait atteint et les sociétés protectrices des animaux de ces pays n’auraient pas abandonné ce chien dans son trépas pendant plus de 4 heures d’horloge avant que le nécessaire ait été fait pour sauver sa vie. Mais Hélas ! c’est ainsi que Fritz a connu sa fin, gisant seul par terre, avant qu’un bon samaritain lui ait accordé un coup d’œil et appelé les « soins d’urgence » qui, malgré son état grave, voulaient que tout soit payé d’avance avant l’administration de tout traitement pour stopper l’hémorragie qui, goutte par goutte, consumait la vie de notre Fritz.  Pays de chiens…haïtiens!


Fritz a pourtant vécu, lui, sa vie non pas comme un chien mais en tant qu’un chevalier infatigable qui a travaillé sans répit jusqu’à la fin de ces jours.  Il voulait revoir ses amis d’autrefois et nous invitait directement ou indirectement à revenir au pays pour la grande fête des valeurs retrouvées. Il n’a pas eu cette chance ! On ne lui a pas donné cette chance !

Rude travailleur, il s’attelait à la tâche qui jamais ne lui était difficile. Souriant, affable, éducateur conscient-- comme son père-- on le voyait toujours avec un livre à la main. Et il pouvait déclamer des vers inspirants de poètes haïtiens ou étrangers comme ça, sans hésitation, pour réhausser une conversation ou bien pour prodiguer un conseil à un ami ou à un jeunot qu’il voulait aider à faire face aux problèmes de la vie.


« Plus encore que la vie, la mort nous tient par des liens subtils » a écrit Charles Baudelaire. Je suis presque certain que Fritz dans l’au-delà où maintenant il se trouve est en train de nous regarder avec son visage à jamais rayonnant, lançant vers nous ces liens d’amour et d’autres bons sentiments qu’il a tissés au cours de sa vie fauchée par un con ou des cons qui ne savent même pas qu’ils sont cons.

Mon épouse Ghislaine et moi présentons nos sincères condoléances à sa femme, ses enfants, son frère Dr Eric Jérôme, à ses soeurs Marie Carmelle, Marie Lourdes, Irnise Jerôme, aux proches et amis éprouvés par la perte cruelle de cet homme qui bien que mort restera comme un point lumineux dans le ciel de la ville de Jérémie. Paix à son âme !

Les funérailles de Jean Fritz Laplanche seront chantées le Samedi 27 août 2016 à 8 h 30 a.m au Parc du Souvenir. L’exposition se fera dès 7 h 30 a.m. La famille reçoit le vendredi 26 Août 2016 au Salon Ange Bleu de l’Entreprise Celcis, sis au # 1, rue Jose Marti, Turgeau, de 4 h à 6 h pm. L’inhumation se fera au Parc du Souvenir.

Dr Carl Gilbert

Sunday, August 7, 2016

Pages Retrouvées: AU BRESIL, UN RACISME CORDIAL

A LIRE CET  ARTICLE CI-DESSOUS, ON COMPRENDRA MIEUX LE CONTEXTE DE LA

DÉFÉNESTRATION DE  DILMA ROUSSEFF ET DU GOUVERNEMENT DU PARTI DES 

TRAVAILLEURS,  DE LULA DA SILVA, LE  MIEUX-ÊTRE PROMIS AU BRÉSIL AU 

DÉBUT DE MAI N'EST  PAS POUR DEMAIN!

MAX BLANCHET
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Source: Le Monde
Auteur: Nicolas Bourcier

A deux pas du centre-ville, au coeur de la zone portuaire de Rio de Janeiro chamboulée par les travaux d'embellissement en vue des Jeux olympiques de 2016, deux ouvriers à la "peau de feu" attendent le verdict des trois archéologues penchés avec leurs ombrelles au-dessus de la tranchée. Une vieille dame bistrée (brun noirâtre) tente de se frayer un chemin, sans même jeter un regard. Pour la énième fois, les employés municipaux butaient sur les vestiges du Valongo, le quai où débarquèrent le plus grand nombre d'esclaves aux Amériques. Un lieu de mémoire et de douleur, enfoui depuis des lustres sous les pavés et le bitume de la ville dite "merveilleuse".

La délégation haitienne au cours du défilé d'ouverture des Jeux Olympiques de Rio (classée 3ème  en terme de style vestimentaitaire par Yahoo Style)
 Plus de 600 000 Africains foulèrent ces maudites pierres au tournant du XIXe siècle. L'hôtel de vente aux esclaves était juste à côté. Leur cimetière aussi, surnommé "le cimetière des nouveaux Noirs". Depuis le début des travaux, en 2010, de très grandes variétés de bracelets, pierres précieuses et petites affaires personnelles ont été découvertes sous les décombres. Des dizaines de milliers, selon Tania Andrade Lima, la responsable des fouilles.


Jour après jour, Valongo a aussi permis de donner corps à l'ampleur de la traite négrière au Brésil : sur les 9,5 millions de "pièces d'ébène" razziées en Afrique et acheminées dans le Nouveau Monde entre le XVIe et le XIXe siècle, près de 4 millions débarquèrent sur ces terres. Dix fois plus que les esclaves qui ont été expédiés aux Etats-Unis. Un abîme !

VALONGO, PIQÛRE DE RAPPEL DE L'HISTOIRE

Aussi, l'envers du décor est un Brésil qui a cherché pendant plus d'un siècle à effacer son passé. Refusant de solder l'héritage de la traite des Noirs. Et offrant l'image d'un pays métissé, où la couleur de peau ne compte pas, où le racisme n'existe pas, un pays dans lequel des populations d'origine indienne, européenne et africaine entretiendraient des relations cordiales.
video
 La délégation olympique d'Haiti au Brésil, à laquelle nous souhaitions Bon Travail et Bonne chance

Premier pays esclavagiste d'Amérique, le Brésil a été également la dernière nation du continent à décréter l'abolition de l'esclavage, le 13 mai 1888. Une époque où Rio et ses faubourgs représentaient la plus grosse concentration urbaine d'esclaves depuis la fin de l'Empire romain. Plus de 40 % de la population. Presque une ville entière "lestée de fers". 
Document de l'abolition de l'esclavage au Brésil

Aujourd'hui, la municipalité de Rio envisage de transformer une partie du quartier de Valongo en site archéologique à ciel ouvert. "Ce patrimoine peut être enfin reconnu, valorisé et devenir un instrument contre cette amnésie collective que s'est imposée notre société à l'égard de la communauté noire ", avance Tania Andrade Lima. Valongo comme piqûre de rappel de l'Histoire. "Un petit exemple de la réévaluation bien plus large que connaît actuellement la question raciale au Brésil ", ajoute finement l'hebdomadaire britannique The Economist.

De fait, le pays change. A Rio où ailleurs, rares sont ceux qui qualifient encore le Brésil de "démocratie raciale ", la formule chère au sociologue et écrivain Gilberto Freyre (1900-1987). Les organisations noires préfèrent parler de "racisme institutionnalisé ", soutenues, entre autres, par l'Eglise catholique, qui dénonce les discriminations et la perpétuation d'une culture de "négrier". Chico Whitaker, l'un des défenseurs des droits de l'homme les plus connus du monde ecclésiastique, n'avait-il pas dit en 2009 que le Brésil vivait encore sous le régime de l'apartheid ?

D'après un recensement rendu public fin 2011 par l'Institut national de statistiques, les Brancos ("Blancs") représentent, pour la première fois depuis la fin du XIXe siècle, moins de la moitié de la population. Ils sont 50,7 % à s'autodéclarer preto ("noirs", 7,6 %) ou pardo ("métis", 43,1 %). Soit 5,4 % de plus qu'en 2000. Trait marquant, ces statistiques montrent aussi que les Brésiliens de couleur restent toujours nettement défavorisés par rapport aux Blancs. L'inégalité raciale est flagrante à tous les niveaux, à commencer par la répartition des richesses. Deux tiers des pauvres sont noirs ou métis. A qualification égale, les Noirs gagnent en moyenne deux fois moins que les Blancs. Une femme noire ne perçoit environ qu'un quart du salaire d'un homme blanc. Selon une étude de 2007, les citoyens de couleur n'occupaient que 3,5 % des postes d'encadrement. A peine 10 % des places d'étudiants à l'université. Moins de 5 % au Parlement. Et 3 % dans le judiciaire. Guère davantage aujourd'hui.

LA DETTE SOCIALE DE L'ESCLAVAGE

Le gouvernement de coalition, composé de 36 membres, de la présidente Dilma Rousseff ne comprend qu'une ministre noire, Luiza Helena de Bairros, chargée du... secrétariat pour la promotion de l'égalité raciale. Elle est la digne héritière du footballeur Pelé, premier homme de couleur à avoir exercé un poste de ministre - des sports, en 1994. Singulière parabole de cette expression brésilienne, "le Noir doit savoir où est sa place". Tous les chiffres et indicateurs vont donc dans le même sens et ils contredisent ce que ressent le visiteur de passage. "Le racisme au Brésil est caché, subtil, non avoué dans son expression, masqué et sous-estimé par les médias, souligne Joaquim Barbosa, premier juge noir à siéger à la Cour suprême de Brasilia. Il n'en demeure pas moins extrêmement violent." Lui-même, nommé en 2003 par le Lula et pourtant devenu l'une des personnalités publiques les plus connues, dit s'être vu remettre, à deux reprises, une paire de clés de voiture par des hommes blancs au moment de franchir la porte d'un restaurant chic de Rio. Un Noir ? Il ne pouvait être que voiturier. "Et pourtant, ajoute-t-il, les choses se modifient, lentement, une prise de conscience prend forme."


En avril, les dix juges de la Cour suprême ont fait sensation en prenant position pour la discrimination positive dans l'enseignement supérieur. A l'unanimité, les hauts magistrats décidaient que les quotas raciaux à l'université étaient constitutionnels et corrigeaient "la dette sociale de l'esclavage". Des dizaines de spécialistes avaient été auditionnés et le jugement a été retransmis en direct à la télé.

Quatre mois plus tard, le 7 août, le Sénat vote une loi obligeant les institutions fédérales de l'enseignement supérieur à réserver 50 % de leurs places à des élèves provenant de lycées publics. Le texte vient d'être paraphé dans son intégralité par la présidente Dilma Rousseff. Les universités ont jusqu'à 2015 pour s'y conformer. Dans la pratique, la loi impose une combinaison sociale et raciale, un mixte astucieux prenant en compte les particularités locales. Elle réserve près de 25 % du total des places des universités fédérales aux étudiants dont le revenu familial est égal ou inférieur à 1,5 fois le salaire minimum (933 reais, 360 euros environ). Le quart restant étant alloué aux étudiants en fonction de l'autodéclaration de la couleur de peau. A charge pour les universités de faire en sorte que les proportions de Noirs, Métis et Indiens soient - au minimum - égales aux proportions de la répartition raciale de l'Etat dans lequel elles se trouvent.
 
Favela au Brésil
Selon les calculs du quotidien O Globo, la loi entraînera une augmentation de 128 % du nombre de places destinées à la discrimination positive dans les universités fédérales de Rio. Les quatre universités concernées réservent actuellement 5 416 places aux quotas sociaux. Avec la nouvelle mesure, ces places passeraient à 12 351. Il n'en fallait pas plus pour que les adversaires des quotas dénoncent la "racialisation" du Brésil par l'"ethnicisation" du social. Surtout, le débat semble avoir mis à mal le mythe de la démocratie métisse, selon laquelle on ne se définit pas par la couleur de peau.

LE LONG DÉNI DE L'AFRO-BRÉSILIANITÉ

"Le pays le plus raciste du monde ", comme l'avait vilipendé un jour, au début des années 1980, en pleine dictature militaire, le sociologue Alberto Guerreiro Ramos (1915-1982), serait-il en proie à une mutation profonde ? C'est le sentiment de la grande majorité des experts rencontrés. "Ces quotas sont la seule alternative aux mécanismes d'occultation et d'exclusion sociale mis en place depuis la fin de l'esclavage ", souligne Spiritos Santos, auteur d'un blog vivifiant sur la question raciale et professeur de musique afro-brésilienne à l'université d'Etat de Rio. Pour le frère franciscain David Raimundo dos Santos, "cette nouvelle phase est une révolution pour le Brésil". Responsable d'Educafro, une ONG qui lutte pour faciliter l'accès des Noirs à l'éducation, il dit être convaincu que le Noir est passé au fil des années "d'esclave du maître à esclave du système". Il ajoute : "Le Brésil se réveille en pouvant annoncer qu'il a une méthode d'intégration." Un réveil après une longue nuit tourmentée, celle d'"un long déni de l'afro-brésilianité ", écrit Richard Marin, professeur d'histoire et spécialiste reconnu du Brésil.

Dès l'indépendance du Brésil en 1822, les élites n'ont eu de cesse de renier la matrice africaine. "Soucieuses de glorifier un passé ne devant rien aux Portugais, ces élites exalteront dans un premier temps l'Indien, le maître originel de la terre, ce qui est sans danger pour l'ordre esclavagiste ", explique Richard Marin. Le Noir est marginalisé, comme rayé de la carte. Même l'écrivain abolitionniste Ruy Barbosa de Oliveira (1849-1923) autorisa en 1890, en tant que ministre des finances, la destruction de la majeure partie des archives du gouvernement liées à l'esclavage. Une manière de refouler une marque honteuse et d'éviter toute forme de compensation, explique Vik Birkbeck, cinéaste britannique installée à Rio et cofondatrice d'un abondant fonds d'archives vidéo sur la culture noire.

L'esclavage aboli, les anciens captifs sont livrés à eux-mêmes. Alors qu'aux Etats-Unis, le président Lincoln ouvre 4 000 écoles pour les esclaves, le Brésil n'en crée aucune. "Sans terre, sans éducation, coupé de toute structure sociale, le Noir libre fut condamné à la misère, souligne Alain Rouquié dans Le Brésil au XXIe siècle. L'abolition tant attendue enracina l'inégalité."

Jusqu'à la crise de 1929, le boom caféier attire 4 millions d'immigrants d'Europe, peu soucieux du passé colonial et des racines de leur nouvelle patrie. Ceux-ci affichent avec fierté leur identité quand partout triomphe la "supériorité de l'homme blanc". Une propagande immigrationniste venant du Vieux Continent s'installe, avec pour but de "blanchir" le Brésil, limpar o sangue ("nettoyer le sang"), comme on dit en portugais, au motif que cette jeune et désormais riche nation ne pouvait se faire avec une population majoritairement noire. L'arrivée massive d'Européens produirait naturellement une population à la peau plus claire. A Rio, en 1911, le Congrès international des races annonce le "blanchiment" du Brésil d'ici un siècle...

C'est avec le "modernisme" brésilien des années 1920, qui rejette avec force la servilité à l'égard de l'académisme européen, et aussi avec les romans de Mario de Andrade, qui évoquent le passage de la culture blanche à la culture noire, que la mémoire métisse se met en place. Mais il faudra attendre les travaux de Gilberto Freyre, et d'abord Casa Grande e Senzala (Maîtres et esclaves), en 1933, pour que s'ouvre une perspective qui exalte le métissage comme une "sublime spécificité" brésilienne. Si le sociologue de Recife développe une version magnifiée du colonialisme portugais et du passé esclavagiste, patriarcal et doux, il a l'immense mérite de n'établir aucune hiérarchie entre les "trois races" fondatrices (Africains, Indiens et Portugais).

Définie en contrepoint du modèle ségrégationniste nord-américain, cette notion connut un succès rapide au Brésil, où elle contribua à légitimer le régime autoritaire de l'Estado novo (1937-1945). Moitié blanche, moitié noire, Nossa Senhora da Conceiçao Aparecida devient la sainte patronne du pays. Plat des esclaves, la feijoada (riz blanc et haricots noirs ou marron) s'impose comme plat national. Autrefois musique de "nègre", la samba devient le son typique brésilien. "Au moins jusqu'à la fin des années 1970, c'est à travers ce stéréotype (du métissage biologique et culturel) que le pays se donne à voir à l'extérieur, poursuit Richard Marin. Et pourtant, il y a loin du mythe de la "démocratie raciale" à la réalité de la condition de nombreux Afro-Brésiliens, victimes du racisme - la plupart des Brésiliens préfèrent l'euphémisme "préjugé racial"."

Masqué par l'absence de ségrégation juridique et la chaleur des rapports sociaux, ce "racisme cordial" est nié par le tabou national. Les Brésiliens considèrent qu'ils n'ont pas de préjugé de race, sinon "celui de ne pas en avoir ", selon l'expression du sociologue Florestan Fernandes. Une enquête conduite dans les années 1980 par l'anthropologue Lilia Moritz Schwarcz donne la mesure de ce refoulement. Si 97 % des personnes répondirent n'avoir aucun préjugé racial, 98 % avouèrent connaître des personnes racistes. Non sans humour, l'anthropologue en conclut : "Tout Brésilien se perçoit comme une île de "démocratie raciale" encerclée par des racistes."

136 CATÉGORIES DE COLORATION

Une enquête de l'Institut national de statistiques, en 1976, dit très bien le rapport complexe des Brésiliens avec la couleur de peau. Elle demandait à chaque destinataire du questionnaire d'indiquer quelle peau il avait. Le succès fut immédiat, et provoqua un étonnant casse-tête. Les Brésiliens se reconnaissaient dans rien de moins que 136 catégories de coloration allant du blanc au noir.



Pour la couleur blanche, les ménages se sont décrits selon une douzaine de taxinomies, de "bem branca" ("bien blanche") à "branca suja" ("blanc sale"), en passant par "branca queimada" ("blanc brûlé"), "branca avermelahada" ("blanc rougi") ou "branquiça" ("blanc essentiel"). La peau jaune révèle quatre entrées. Trois pour la peau rose. Certaines peaux sont "roxas" ("violettes"), "verdes" ("vertes"), "palidas" ("pâles"), "trigos" ("blés") ou "morenas bem chegadam" ("brunes bien arrivées"). Pour désigner une peau noire ou métisse, les nuances sont quasi infinies : "cor de cafe" ("couleur de café"), "tostada" ("grillée"), "bugrezinha" ("un peu bien foncée"), "meio preta" ("moitié noire"), "parda escura" ("gris sombre"), "queimada de praia" ("brûlé de plage"), Comme si l'identité raciale était un attribut social passager et relatif, "un objet de négociation", selon Lilia Moritz Schwarcz.

Et pourtant. Il fallut attendre 1986 pour assister à l'élection - tumultueuse et controversée - d'une Miss Brésil noire. Attendre encore la nouvelle Constitution brésilienne de 1988, trois ans après la chute de la dictature, pour inscrire le racisme comme un "crime imprescriptible". Et attendre la loi du 9 janvier 2003, soutenue par le président Lula, pour que l'enseignement de l'histoire et de la culture afro-brésilienne soit obligatoire à l'école primaire et secondaire.

Malmené par le régime militaire, le mouvement noir, ultraminoritaire, trouve de solides relais dans l'opinion progressiste dès les premières heures du Brésil démocratique. Il fait pression pour remplacer le 13 mai, jour anniversaire de l'abolition de l'esclavage, par le 20 novembre, la Journée de la conscience nègre qui commémore la mort du légendaire Zumbi Dos Palmares, leader noir insurgé du Nordeste au XVIIe siècle. Il milite pour l'adoption de mesures de discrimination positive sur le mode de l'affirmative action des années 1960 aux Etats-Unis.

QUOTAS RACIAUX

Le débat sur les quotas raciaux apparaît sous le président Fernando Henrique Cardoso (1995-2002). Sensible à la question noire pour avoir consacré sa thèse de sociologie à l'esclavage, il instaure des groupes de travail où l'on évoque les actions publiques de valorisation des populations noires et l'obligation de mentionner la couleur de peau dans les documents officiels. En 2002, l'université d'Etat de Bahia s'ouvre aux quotas raciaux, suivie au compte-gouttes par une soixantaine d'établissements.

Avec Lula, l'objectif explicite d'une politique de quotas raciaux "vise à "réparer", observe Richard Marin, à compenser les discriminations sociales dont les Noirs sont l'objet, ce que peu de Brésiliens contestent". C'est cette voie que la Cour suprême a voulu suivre après une dizaine d'années de débats et de tâtonnements. Et que le Sénat vient de baliser en croisant prudemment les critères sociaux et de couleur de peau.

Les rues du Valongo viennent d'être pavées et rouvertes à la circulation. Des façades de maisons ont été restaurées. Le jardin suspendu du vieux quartier Morro da Conceicao, situé en face du port, a été réhabilité. Tout est calme. Ce soir passe à la télé le premier épisode d'une telenovela, Lado a lado, "côte à côte" en français. L'histoire est consacrée à la vie des Noirs après l'abolition de l'esclavage. "C'est une période riche et encore peu explorée ", a commenté l'acteur principal, Lazaro Ramos. Il a souri, dit-on.

Illustrations: Haiti Connexion Network

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Saturday, July 30, 2016

LES NANTIS DU SAVOIR

LES NANTIS DU SAVOIR

Un plaidoyer pour l'éducation de tous
Par Rodrigue Adrien



L’Europe est Co-dépositaire avec les autres continents du savoir global. En cette fin du 21e siècle, le bilan en termes de réalisations est lourd. Nous avons franchi presque toutes les étapes menant à la civilisation humaine. De la civilisation mésopotamienne en passant par la civilisation Égyptienne jusqu’aux civilisations Grecque et Romaine, le voyage est long pour un esprit aventurier gourmand et curieux de savoirs et de connaissances. Nous avons extirpé toutes les gangues du creuset en vue de l’érection de l’érudition occidentale. Si nous sommes à même d’abreuver aux différentes sources d’où coulent les savoirs modernes sans risques de nous contaminer aux clichés et dogmes ayant nourri les âmes dès la Grèce antique jusqu’au moyen-âge, le crédit revient aux intellectuels et philosophes du 17e siècle jusqu’au 20e siècle après J.C.     Sans ce travail titanesque, nous n’aurions pas pu déceler le vrai du faux, démêler les fils du bien d’avec ceux du mal.

Nous le devons avant tout aux tenants de l’Aufklärung allemand qui militaient contre le bureau séquestrant le savoir, formatant les consciences en vue de réguler, conventionner, stéréotyper le comportement humain. Sans le travail ardu de Descartes, Spinoza, Kant, Rousseau, Voltaire, Nietzsche, Marx, Freud, Hegle, Jacques Derrida, Michel Foucault, Sartre et autres, nous serions encore au stade où Diogène claironnait en plein jour, une lampe aidant, pour trouver un vrai homme. En effet, le concept d’homme est leur ouvrage. Si nous sommes à même de parler d’humanisme aujourd’hui, leurs travaux et militances sont provocateurs. C’est de cette déconstruction de la pensée scolastique qu’a émergé le monde contemporain véhiculant une nouvelle culture visant à dresser le nouvel homme pour qu’il soit capable de discours rationnel et cohérent et d’action concertée.



Nous sommes aujourd’hui le produit de cette nouvelle culture, nous armant pour la déconstruction des idoles, des clichés et des mythes abyssant l’esprit aux confins de l’inhumanité. Les humanistes nous ont légué une vision globale et cohérente du monde de laquelle nous pouvons calquer notre propre paradigme. Dans cet agrégat d’idées, dans cette agglomération de comportement, nous pouvons extraire notre propre forme de pensée sans risque aucun de nous confondre dans la nouvelle mosaïque mondiale. L’idée se calque du donné universel schématisant l’esprit pour qu’il soit capable du vrai, du nouveau et de l’authentique. Nous sourçons tous du même socle, la variation n’advient que de l’exigence d’adaptation à notre milieu en vue de construire un nouvel édifice protecteur de nouveaux spectres provenant de l’environnement dont on cherche à dépolluer et à dépolariser. En fait, chez soi tout le monde se dote d’une fenêtre pour s’ouvrir au monde afin de le repenser et d’une clôture identitaire où se prémunir contre les réactions épidermiques et allergiques. De là, s’accentue et s’accélère un processus de singularisation, de normalisation et sélection des idées constructrices de la pyramide d’un savoir libérateur des dogmes enregistrés, des clichés amalgamés risquant de fissurer l’esprit gourmant de la  clarté et de l’évidence dans tout ce que l’homme, pour renaître de la civilisation génitrice du savoir a accumulé. C’est en se vidant de la charge civilisationnelle qu’’on se renouvelle l’énergie créatrice, qu’on se charge d’une nouvelle gnose purificatrice des débris accumulés tout au long du processus de formatage par le système pour mieux intégrer le monde .En ce sens, l’éducation première s’avère un atout, voire des lunettes pour regarder le monde avant d’oser le dévisager pour le déconstruire et l’humaniser.


L’éducation est propédeutique à notre initiation au monde en vue de l’adaptation et l’orientation vers la convivialité. Les dogmes, clichés, codes et symboles sont constitutifs d’un prérequis pour intégrer le monde avant de pouvoir prétendre à le déconstruire pour mieux le fonder et le consolider. En ce sens, la transmission du savoir est axiologique de l’orientation qu’on se donne en vue d’un détour récapitulateur de notre parcours pour mieux nous canaliser dans le chemin qu’on trace en marchant. L’éduquer est celui s’étant ouvert au monde en vue d’explorer et d’apprendre tout ce qu’il y a à comprendre la structure structurante avant de la déconstruire pour avoir une singularité, voire une originalité vidée tous carcans et choix imposé pour s’uniformiser et être comptés du rang des tenants du savoir.

Le savoir est un ensemble de valeurs, de codes, de signes, de symboles et de clichés élaborés par une intelligentsia en vue de la communication, la proximité, la coexistence et la convivialité. Ce sont des préceptes conventionnés par un groupuscule pour l’universalisation et la valorisation des donnés en vue du bon fonctionnement et de la bonne interaction des individus dans la communauté. D’où il suit que l’individu étant exclu à ce type d’enseignement, est à fortiori démounisé, zombifié, abêti, voire même annihilé. Dans ce même ordre d’idées, nul ne doit s’étonner de voir le résultat d’une société se livrant à la pratique ancienne de la séquestration du savoir différent de celui prisé par la minorité le pratiquant à dessein. D’où la révision de la formule mise en avant pour justifier le retard des pays du sud par rapport aux pays ayant joui des privilèges d’industrialisation dès l’aube du 19e siècle.

Le processus de normalisation de la condition des pays du sud par l’éducation remonte aux années de 1940, date où ils commencent à se réveiller et se révolter en vue de la reconquête de leurs indépendances et autonomies.

En Haïti l’éducation n’a été normalisée dans les grandes villes que dans les années quarante et cinquante. D’où il appert impossible et même anachronique d’arguer l’indépendance conquise depuis 1804 pour signifier notre retard par rapport aux pays occidentaux. Le nivelage par rapport aux autres doit se faire à partir des années où l’on commence à monter des structures universitaires en vue de la planification du développement et de la normalisation des droits en Haïti.



Nous tenons donc pour vrai que les illettrés ou, en d’autres termes, les non scolarisés, n’ont pas une dimension humaine moindre que les esclavagisés. Car le distinguo entre barbare et civilisé c’est que l’un est nanti de tous les outils le conditionnant à évoluer au même niveau que quiconque ailleurs et l’autre exclu à l’utilisation des schèmes de pensées et des clichés le permettant de s’insérer dans le monde moderne.

Il s’en suit donc que l’homme d’aujourd’hui, ne pouvant pas se scolariser pour intégrer la structure construite par le système pour surveiller et punir, se ravale indubitablement au même niveau que des esclaves de la colonie de Saint-Domingue ou ceux de l’Egypte des pharaons, ou du moins ceux de la Grèce antique sous-Périclès et la Rome antique au temps des César.


A vrai dire, une société où l’éducation est un luxe réservé aux nantis de la haute bourgeoisie et de la classe moyenne, cette société est vouée à sa perte du point de vue humain. Car, l’éducation est vectrice d’humanité, de dignité et d’identité par excellence. La thèse d’Ivan Illich autour d’une société sans école est encore valable et mérite donc d’être agitée et appréciée à sa juste valeur de manière à équilibrer les rapports humains et à adapter la société haïtienne et celle des pays du sud à l’ère de la modernité.

Rodrigue ADRIEN

Illustrations: HCN

Biographie de l’auteur :
Le professeur Rodrigue ADRIEN est né le 15 septembre à Corail. Il est père de famille et président du Combite 33, une organisation à vocation sociale, culturelle, politique, économique et diplomatique. Son champ d’études est la philosophie politique, la Diplomatie et la Géopolitique. C’est un amateur de l’art contemporain, un passionné de sport et de littérature, un observateur de la marche du monde, le penseur de l’autre monde. Il a déjà publié « Espace des Idées » entre 1994 et 1997, une revue de littérature et de philosophie laissant transparaitre l’état d’âme de l’homme du Sud a la fin du 20e siècle. Présentement, il s’attèle à la construction du combitisme et la pensée du sud.






Wednesday, June 29, 2016

Le nouveau recteur de l'Université d'Haiti Fritz Deshommes répond à Haiti Liberté

Par Fritz Deshommes, Recteur

Fritz Deshommes
Monsieur Berthony Dupont
Directeur de Haïti Liberté
En ses Bureaux.

Monsieur le Directeur,

Des menaces proférées contre ma personne le vendredi 24 juin 2016 par des personnes se présentant comme étudiants de l’UEH ont porté certains amis à attirer mon attention sur un article intitulé « Fritz Deshommes, le Recteur contesté »  paru  récemment  dans votre hebdomadaire sous la signature de  J. Fatal  Picard.

Ces menaces ont été exprimées à l’occasion de l’irruption violente de 3 individus à la Maison de la Recherche de l’UEH, assortie de bris de vitres et autres dégâts. Ils disaient à qui voulait les entendre qu’ils étaient venus  « tordre le cou  à  Deshommes en tant que membre du groupe des 184 ». Ils s’étaient détachés d’une manifestation destinée pourtant  à  réclamer à  l’UEH « sifraj inivèsel, sèvis kopi, lojman, transpo, kat sante, bonjan bibliotèk ».

L’accusation ou le reproche concernant mon statut de membre du groupe des 184 a étonné plus d’un, surtout ceux qui connaissent mon parcours professionnel, académique et intellectuel.
On m’a alors appris la source de l’information admise et affirmée comme une verité élémentaire : l’article mentionné plus haut. Des amis me l’ont fait parvenir en une page dans laquelle n’apparait ni la date ni le numéro de l’édition. Mais j’imagine que vous pouvez vous y retrouver.
J’ai lu l’article en entier. J’y ai relevé de nombreuses et graves inexactitudes. Je me suis dit qu’il serait utile de vous les signaler.

1- Votre collaborateur affirme : « Pour mémoire et pour  l’histoire, Fritz Deshommes était le responsable des relations publiques du Groupe des 184 ».  

"La vérité est que je n’ai jamais été membre du Groupe des 184, encore moins son porte-parole. Mieux encore, je n’ai jamais participé à  aucune réunion de ce groupe, ni  comme observateur, ni comme invité. L’information parait simplement insolite. Bien entendu j’aurais pu participer à ce mouvement comme l’ont fait plusieurs compatriotes respectables. Je crois en avoir le droit. Mais j’avais simplement fait d’autres choix."--Fritz Deshommes

2- « Feignant d’être un révolutionnaire quand il est en terre étrangère, sitôt rentré au pays il s’arrange pour se placer dans les rangs de cette oligarchie de contrebandiers … », affirme votre collaborateur.
« Un révolutionnaire en terre étrangère » ? Je n’ai jamais vécu a l’étranger, sauf quand je faisais mon Master au Honduras, il y a déjà plus de 25 ans.  Quand je voyage pour des raisons professionnelles, académiques ou familiales, il m’arrive rarement de faire des déclarations publiques. J’ai bien entendu publié plusieurs ouvrages. Mais eux tous sont édités, imprimes et publies en Haïti. Il n’y a pas encore un mois que certains d’entre eux sont disponibles sur Amazone.  Je n’ai donc pu l’occasion de me faire connaitre à l’étranger, ni comme « révolutionnaire »  ni comme autre chose.
Quant à la  place que l’article tient à me réserver « dans les rangs de cette oligarchie de contrebandiers », je ne sais pas si j’en suis vraiment digne. Les deux concepts m’intéressent : oligarchie et contrebandiers.

Je commence par le deuxième : « contrebandiers ». Savez-vous, Monsieur le Directeur,  que  je suis un ancien douanier. Et un ancien Directeur Général des douanes ? Et que j’ai eu l’occasion de combattre directement la contrebande.  Une carrière douanière de 16 années. Un parcours public marque au coin du renforcement de l’institution et du combat contre toutes sortes de fraudes, de contrebande et de contrebandiers. Souvent au péril de nos carrières et de nos vies de jeunes professionnels zélés,  recrutés sur concours,  au service de l’Etat. Souvent contre de puissants militaires, d’influents VSN et autres  oligarques de tous poils. J’aime souvent rappeler que, lors de mon passage comme Directeur Général des Douanes, les recettes douanières avaient augmenté de 50%,  sans augmentation de tarif, sans renforcement d’infrastructures. En luttant contre la contrebande et la fraude douanières.

Je suis aussi un ancien journaliste, un économiste, un écrivain. Je suis l’un des rares économistes haïtiens à avoir écrit sur la contrebande, à l’avoir dénoncée  vertement. Mes articles parus dans la Page Economique du Nouvelliste (1984-1988), mes ouvrages, mes conférences sur le sujet,  sont là pour en témoigner. Déjà mon premier ouvrage,  intitulé « Vie Chère et Politique Economique en Haïti » paru en 1992,  contient tout un chapitre  sur le phénomène, avec pour titre : « La contrebande notre ennemie à  tous ».


Enfin, je suis le premier  économiste haïtien, et l’un des rares en tout cas,  à avoir dénoncé la contrebande comme faisant partie du paquet néolibéral, soit comme instrument de  libéralisation du commerce extérieur, soit comme outil de lutte contre la cherté de la vie. Des ministres des finances ne s’en sont pas cachés : Leslie Delatour (1987) et Wiener Fort (1992). Sur ce point je vous réfère à mon ouvrage « Néo-libéralisme, Crise Economique et Alternative de Développement » paru pour la première fois en 1993  dont la dernière édition remonte à  2014.

J’en arrive au 2e concept : l’oligarchie. Je m’arrangerais donc pour me  placer dans les rangs de l’oligarchie haïtienne. Je souris largement. Car il me manquerait tellement d’atouts pour y parvenir : mes pratiques, ma pensée, mes écrits,  mes convictions,  mes fréquentations, mon compte en banque, mes valeurs, tout jouerait contre moi. Je ne puis que vous référer à mes ouvrages, à mes articles, à  ma pensée économique et politique pour que vous vous en fassiez une  idée. Et je serais heureux que vous puissiez y trouver  une seule pensée favorable à cette oligarchie.  Croyez-moi, Monsieur Dupont, en 40 ans de vie publique, professionnelle et intellectuelle, qu’il s’agisse de ces moments où l’on ne se parlait que par signes, ou de ces autres  marqués par le règne de la cacophonie stérile, mes orientations ont été claires, constantes, cohérentes, transparentes. 

3- « Selon des informations difficiles à vérifier, Deshommes aurait une maitrise en Economie décrochée au Honduras », informe l’auteur de l’article. Pourtant à l’heure des technologies de l’information et de la communication, les informations concernant le diplôme ou le grade obtenu par un étudiant font partie de celles que l’on vérifie le plus facilement au monde. Il suffit de s’adresser à l’Université concernée. Dans mon cas précis, il s’agit de l’Université Nationale Autonome du Honduras. Mais entretemps, je me ferais un plaisir de partager avec votre rédaction :
- Le diplôme proprement dit ;
- Les attestations de ce diplômes émise  tant par l’Université d’origine  que par l’Université utilisatrice ;
- Les preuves de l’existence de ce diplôme (mémoire de sortie, liste officielle  des gradués du programme, etc..) ;
- Les fruits de ce diplôme (étudiants haïtiens ayant bénéficié de bourses d’études à la même université grâce à  ce diplôme).


4- Votre collaborateur persiste et nous apprend que « ce Fritz Deshommes soudoyait les etudiants déclassés pour qu’ils rejoignent les rangs des contrebandiers de l’oligarchie ». Cela s’appelle avoir de la suite dans les idées. J’ai déjà dit mon mot sur l’oligarchie et les contrebandiers. J’aurais quand même aimé vérifier l’information concernant le « soudoiement » des étudiants « déclassés » : leurs noms et prénoms,  leur nombre, les montants en jeu, les résultats de cette action, les positions qu’occupent actuellement ces « déclassés ». Sont-ils encore « déclassés » ou sont-ils entretemps devenus des oligarques à  part entière ?

5- « Fritz Deshommes étant à  la tête de l’UEH, Apaid doit se frotter les mains autant il peut bien enjoindre le nouveau recteur… à transformer toutes les facultés en usines de sous-traitance », conclut l’article.

Savez-vous, Monsieur le Directeur, que je fais partie des économistes haïtiens qui aient le plus écrit sur la sous-traitance en Haïti. Ou plus précisément contre la sous-traitance comme moteur de l’économie haïtienne, comme secteur privilégié par les politiques publiques, comme la panacée des bailleurs de fonds internationaux. Depuis mes premiers articles parus sous la dictature. Jusqu’aux éditions revues et corrigées de mes ouvrages sur le néolibéralisme (2014) et sur le « Plan Américain pour Haïti » (2016). En passant par celui écrit spécifiquement sur le secteur, intitulé : « Salaire minimum et sous-traitance en Haïti » paru en 2010.

  J’aurais pu relever d’autres inexactitudes contenues dans le même article, comme par exemple, cette note à  laquelle fait référence votre collaborateur tendant à  faire croire que les récentes  élections à  l’UEH auraient  été illégitimes  et   qui aurait été signée par une dizaine de membres du Conseil de l’Université  alors qu’en fait seulement trois y ont apposé leur signature, les autres noms ayant été simplement ajoutés, encore que certains d’entre eux n’occupaient d’ailleurs plus les postes qui les habiliteraient à  le faire : Doyen de Faculté, représentant de professeurs. Mais je  préfère m’en tenir aux plus criantes, aux plus évidentes inexactitudes.

Pourtant j’aurais bien aimé être soumis aux feux de vos critiques, pouvoir identifier nos désaccords. Mais sur la base de la vérité. Je ne me suis pas reconnu dans le portrait que votre collaborateur a voulu faire de moi. Et comme je suis un homme public, comme ma pensée et mes convictions sont publiques, il est très facile de vérifier, de comparer.

Comment vous sentiriez-vous, Monsieur le Directeur,  si les assaillants de la Maison de la Recherche avaient pu mettre leurs menaces à exécution, sur la base d’une  information erronée, diffusée par votre hebdomadaire ?   

J’en prends occasion pour vous assurer, Monsieur le  Directeur, de ma considération distinguée.

Fritz Deshommes


NDLR: L'édition du Journal Haiti Liberté à laquelle répond Fritz Deshommes est datée du 1 au 7 juin 2016 (Vol.9-No 47)